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Episode 1 – La nourriture émotionnelle, c’est quoi ?

La nourriture émotionnelle, c’est quoi ? Je n’aime pas vraiment ce terme car ce n’est qu’un aspect du problème, je vous explique cela dans l’article ! En tout cas, je vous explique comment savoir si vous avez un problème avec la nourriture (« émotionnelle ou non ») et comment le résoudre.

C’est quoi la nourriture émotionnelle / une relation conflictuelle avec la nourriture ?

En résumé, il s’agit d’un comportement consistant à manger sans faim régulièrement ou penser à la nourriture très souvent en dehors des repas.
Bien sûr, il nous arrive à tous de manger sans faim de temps en temps, si on nous propose un chocolat, si la grand mère a cuisiné pour nous … une relation conflictuelle avec la nourriture, c’est quand on mange sans faim quasi quotidiennement et qu’on en souffre. J’explique cela tout de suite !

 

Pourquoi mange-t-on sans faim

nourriture burning man

Diverses raisons nous font manger sans faim :

  • sous le coup d’une émotion, pour fuir une situation qui ne nous plaît pas
  • par habitude ou ennui,
  • par envie / parce que « c’est trop bon »
  • sous le stress
  • pour faire plaisir aux autres
  • pour ne pas jeter la fin de son plat.

Voilà pourquoi je n’aime pas le terme « Nourriture émotionnelle » et préfère « relation conflictuelle avec la nourriture« . Comme c’est un peu long, je l’ai abrégé en « foodfighting« .

 

Est-ce un problème de manger sans faim ?

Hé bien … non ! pas si cela ne vous pose aucun problème. Quand on parle de « nourriture émotionnelle » ou foodfighting c’est que l’on souffre de manger sans faim, que l’on culpabilise. Les personnes « souffrant » de nourriture émotionnelle se sentent coupables après avoir mangé sans faim, compensent… ou encore multiplient les régimes car elles culpabilisent à chaque fois qu’elles mangent de la nourriture « non saine« .

Voici quelques exemples de situations où je qualifie vraiment la situation de « nourriture émotionnelle » et pas seulement de « manger sans faim » :

Manger sans faim … et se sentir coupable

Si à chaque fois que vous vous nourrissez en dehors de toute sensation de faim (sous le coup d’une émotion, par ennui, parce que c’est bon…), vous culpabilisez, vous sentez mal … puis mangez « healthy » pour compenser et craquez à nouveau : foodfighting.

Aujourd’hui, je ne culpabilise plus en mangeant un repas non sain, en versant de l’huile d’olive dans ma salade. Je réalise que si j’ai envie de nourriture mais pas faim, c’est qu’il y a un problème autre que la faim et j’essaie de le régler.

Si à chaque fois que vous avez besoin de réconfort, vous vous tournez vers la nourriture (puis réalisez que vous avez mangé sans faim, culpabilisez, etc. et on retombe dans le cercle vicieux qui alimente le surpoids).

J’ai réalisé que j’étais libérée de la nourriture émotionnelle un matin où il faisait un temps affreux, froid et pluvieux, que j’avais mal dormi, mal à la fête, etc. J’ai réalisé qu’habituellement je serais allée m’acheter un croissant et un café. Pas par faim mais pour me réconforter avec leur goût, leur odeur, le petit rituel d’aller à la boulangerie, etc.

Mais en fait je n’avais pas faim. J’avais juste envie de me mettre au chaud et prendre un médicament contre le mal de tête. En d’autres termes, la nourriture n’était plus un réconfort pour moi.

cupcakes recette vegan

Le regard des autres

Si vous avez du mal à gérer le regard des autres, avez l’impression que tout le monde vous regarde quand vous reprenez du dessert ou choisissez une pizza au resto… Et que cela vous pèse (voire vous pousse à prendre le « plat healthy »), et cause des craquages peu après, on est en plein dans le sujet. Comme tous les cercles vicieux frustration-craquage-frustration finalement.

Le cas typique : vous avez pris une salade au resto mais vouliez une pizza et finirez par grignoter chez vous en rentrant, parce que quelqu’un a fait une réflexion sur votre poids qui vous obsède.

Aujourd’hui je n’ai aucun mal à manger un burger-frites énorme, seule, au resto, ou à prendre un croissant au boulot.

Le brouhaha mental

Si quand il y a une boîte de chocolats sur la table ou des croissants à la machine à café, c’est un brouhaha mental qui s’installe dans votre esprit, à base de « j’en veux un – mais c’est gras – juste un – bon allez je craque – j’en veux un autre – ce n’est pas raisonnable – mais j’ai fait du sport – mais j’ai un goût sucré dans la bouche – mais c’est pas vegan – juste un demi etc » : foodfighting !

Aujourd’hui, je m’en fiche. Nous avons une « boîte à chocolat » sous la table basse du salon et je n’y ai pas pioché depuis un bon mois.

Les régimes

Si vous êtes constamment en régime mais ne perdez pas : probablement faites-vous du foodfighting également.

J’ai tout simplement arrêté les régimes, et mange ce que je veux au moment des repas. Je consacrerai plusieurs articles à ces sujets.

curry vegan

Ne pas confondre nourriture émotionnelle et boulimie/hyperphagie

La boulimie se caractérise par des crises au cours desquelles la personne absorbe de manière compulsive de grandes quantités de nourriture, dans un temps court. Ces crises de boulimie sont associées à un sentiment de perte de contrôle et sont suivies de comportements compensatoires inappropriés tels que vomissements provoqués, jeûne, sport intense.

L’hyperphagie (boulimique) est caractérisée par le même type de crises, mais non suivies de comportements compensatoires.

Ce sont des troubles qui relèvent de la psychiatrie et nécessitent une prise en charge adaptée avec des professionnels de la santé.

En résumé, même si la ligne peut être floue entre TCA et nourriture émotionnelle :

  • la principale différence est l’intensité (du trouble et des crises. Elles peuvent durer plusieurs heures, et les quantités de nourriture ingérée peuvent dépasser de loin la quantité habituelle)
  • pour les TCA, il s’agit d’une maladie, pour laquelle je recommande de consulter un thérapeute, tandis que pour la nourriture émotionnelle on peut « s’en sortir » en changeant ses habitudes (un peu comme pour arrêter de fumer)
  • cela dit, si vous n’êtes pas sûr, je vous recommande de vous renseigner sur le sujet sur internet en :
    • consultant les symptômes détaillés des TCA,
    • ou encore mieux, de consulter un thérapeute.

Reconnaître la nourriture émotionnelle / foodfighting chez vos proches

 

Si vous n’êtes pas concerné.e par le sujet, vos proches le sont peut-être. Voici des signes qui peuvent vous mettre sur la voie :

  • ils sont tout le temps au régime mais ne perdent pas vraiment de poids
  • il leur arrive de grignoter une heure après un repas
  • ils prennent une salade au resto puis te piquent tes frites ou prennent un énorme dessert

salade kale

  • ils se justifient quand elles mangent « j’ai pas mangé ce matin », « c’est trop bon »…
  • souvent cela peut être des personnes qui mangent sans gluten strict, sans sucre strict, vegan strict, ou qui pratiquent un régime sélectif…

 

Bien sûr, ces critères sont issus de mes observations personnelles et de mon expérience. Je conseillerais de ne pas les prendre au pied de la lettre, plutôt d’observer vos proches en fonction de ces critères, et d’en tenir compte s’ils en présentent plusieurs à la fois.

Comment se libérer de la nourriture émotionnelle / foodfighting

Les étapes peuvent être résumées ainsi :

  • Accepter le problème
  • Manger en conscience. (écouter ses émotions, sa faim avant, pendant et après le repas)
  • S’accepter, s’aimer
  • Et surtout prendre le temps. Guérir du foodfighting est long, mais vaut la peine.

Dans le podcast, j’aborderai l’alimentation consciente pendant une bonne dizaine d’épisodes au départ. Donc je n’attaquerai pas tout de suite les sujets métaphysiques !

Mon expérience

J’ai fait du foodfighting depuis mon enfance. En guérir a été une des meilleures choses qui me soit arrivées. Cela n’a été ni facile, ni rapide. J’ai dû sortir de ma zone de confort et surtout, de mon mental et des histoires que je me racontais pour continuer à manger sans faim.

Mais j’ai appris à écouter mes sensations, mes émotions, à m’accepter et à m’aimer. Cela a été transformateur pour moi et il me tenait à coeur de partager mon expérience.

Le podcast Faim de Liberté

Le format audio me semblait plus approprié que l’écrit sur ce sujet sensible. Deux fois par mois, je partagerai mon expérience et comment se libérer du foodfighting.

 

Connaissez-vous des personnes atteintes de foodfighting ? Arrivez-vous à être conscient quand vous mangez?

Pour aller plus loin :

Troubles du comportement alimentaire sur le site du GROS (cette association est la référence pour les personnes en surpoids souhaitant s’informer dans un espace « safe »)

Episode 2 -Reconnaître la faim

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