C’est quoi la nourriture émotionnelle / une relation conflictuelle avec la nourriture ?

 

En résumé, il s’agit des personnes mangeant sans faim régulièrement, ou pensant à la nourriture très souvent en dehors des repas.

Bien sûr, il nous arrive à tous de manger sans faim de temps en temps, si on nous propose un chocolat, si la grand mère a cuisiné pour nous … une relation conflictuelle avec la nourriture, c’est quand on mange sans faim quasi quotidiennement.

 

Pourquoi mange-t-on sans faim

Diverses raisons nous font manger sans faim :

– sous le coup d’une émotion,

– par habitude,

– par ennui,

– par envie

– sous le stress

– pour fuir une situation qui ne nous plaît pas

– pour faire plaisir aux autres

– pour ne pas jeter la fin de son plat.

Voilà pourquoi je n’aime pas le terme « Nourriture émotionnelle » et préfère « relation conflictuelle avec la nourriture ». Comme c’est un peu long, je l’ai abrégé en « foodfighting ».

 

 

Ne pas confondre nourriture émotionnelle et boulimie/hyperphagie

La boulimie se caractérise par des crises au cours desquelles la personne absorbe de manière compulsive de grandes quantités de nourriture, dans un temps court. Ces crises de boulimie sont associées à un sentiment de perte de contrôle et sont suivies de comportements compensatoires inappropriés tels que vomissements provoqués, jeûne, sport intense.

L’hyperphagie (boulimique) est caractérisée par le même type de crises, mais non suivies de comportements compensatoires.

Ce sont des troubles qui relèvent de la psychiatrie et nécessitent une prise en charge adaptée avec des professionnels de la santé.

En résumé c’est une question d’intensité (du trouble et des crises). Même si la ligne est plutôt floue entre hyperphagie et nourriture émotionnelle, voyez un thérapeute si vous pensez être plutôt dans ces cas-là.

Reconnaître le foodfighting chez vos proches

J’y consacrerai sûrement un article entier, mais le foodfighting peut se reconnaître par les caractéristiques suivantes :

– sont tout le temps au régime mais ne perdent pas de poids (spoiler alert : personne ne perd de poids en étant constamment au régime, j’en parle plus tard dans le podcast)

– grignotent peu après un repas (moins de 2 heures environ)

– prennent une salade au resto puis te piquent tes frites ou prennent un énorme dessert

– se justifient quand elles mangent (« c’est parce que j’ai pas mangé ce matin », « j’ai pas faim mais c’est trop bon »)

– souvent ce sont aussi les personnes qui mangent sans gluten, sans sucre, vegan strict, ou  qui pratiquent un régime sélectif (pas forcément bien sûr, mais cela peut faire partie des « symptômes »)

 

 

Pourquoi arrêter la nourriture émotionnelle

Si vous faites partie des personnes qui se nourrissent sans sensation de faim mais n’ont aucun problème avec ça : très bien ! Si c’est un mode de vie qui vous convient, je ne suis pas là pour juger. L’objet du podcast est de m’adresser aux personnes qui font de la nourriture émotionnelle et en souffrent, par exemple :

  • Si à chaque fois que vous vous nourrissez en dehors de toute sensation de faim, vous culpabilisez, vous sentez mal … puis mangez « healthy » pour compenser et craquez à nouveau : cela a été mon cas pendant des années. Aujourd’hui, je ne culpabilise plus en mangeant un repas non sain, en versant de l’huile d’olive dans ma salade. Je réalise que si j’ai envie de nourriture mais pas faim, c’est qu’il y a un problème autre que la faim et j’essaie de le régler.
  • Si à chaque fois que vous avez besoin de réconfort, vous vous tournez vers la nourriture, puis réalisez que vous avez mangé sans faim, etc on retombe dans le cercle vicieux qui alimente le surpoids. Exemple quand j’ai réalisé que j’étais libérée de la nourriture émotionnelle (froid, pluie, mal dormi, lendemain de soirée, gueule de bois … et je réalise qu’habituellement je serais allée m’acheter un croissant et un café ; mais qu’en fait j’ai juste envie d’être au chaud et de prendre un médicament)
  • Si vous avez du mal à gérer le regard des autres, avez l’impression que tout le monde vous regarde quand vous reprenez du dessert, et que cela vous pèse, et cause des craquages
  • Quand il y a une boîte de chocolats sur la table ou des croissants à la machine à café, c’est un brouhaha mental qui s’installe dans votre esprit, à base de « j’en veux un – mais c’est gras – juste un – j’en veux un autre – ce n’est pas raisonnable – mais j’ai fait du sport – etc »
  • Si vous êtes constamment en régime mais ne perdez pas : probablement faites-vous du foodfighting également.

 

Mon expérience

 

J’ai fait du foodfighting depuis mon enfance. Me libérer a été une des meilleures choses qui me soit arrivée. C’est un chemin long et difficile qui nécessite de sortir de sa zone de confort et surtout de son mental qui nous raconte des histoires, pour aller au plus profond de soi. J’en suis sortie plus consciente de moi et de mes émotions, heureuse, dans l’acceptation et l’amour de mon être.

 

 

Comment se libérer de la nourriture émotionnelle ou du foodfighting

 

Les étapes peuvent être résumées ainsi :

  • Accepter le problème
  • Manger en conscience (écouter ses émotions, sa faim avant, pendant et après le repas)
  • S’accepter et s’aimer
  • Et surtout prendre le temps. Faire la paix avec la nourriture est long, mais vaut la peine.

 

Mon podcast

 

Dès que j’ai commencé à voir le bout, j’ai voulu partager mon expérience et aider les personnes atteintes à s’en sortir. Le format audio me semblait plus approprié que l’écrit sur ce sujet sensible. Le format podcast était tout indiqué ! Deux fois par mois, je partagerai mon expérience et comment se libérer du foodfighting.